05.05.2009

Ballade, de nos corps...

Te voilà sur ma couche, te sens troubadour

Toi, si beau parleur me donne sans réfléchir

T’offrant mon corps brûlant, sans demander secours

Taire les doutes d’Amour, même à mourir

Menterie, orgueil point de mise sans douleur

Maîtresse aux envies de toutes les couleurs

Mendie sans pudeur, quêtant pour vouloir jouir

Mi-femme, mi-chatte ne suis plus rien qu’Amour

 

 

Toi, au corps tant désiré, laisse toi aimer

Moi, simple femme, je te veux mon empire

Toi, savant artiste, vient me déshonorer

Moi, t’ouvre mon antre devenu point de mire

Toi, fier conquérant sexe tel glaive dressé

Moi, fausse ingénue frisonne sans ire

Toi, aux mille mains sur ma peau tant caressée

Moi, jouissant de tes doigts aux notes de lyre

 

 

Amant, amante serons pour l’éternité

Mourir d’Amour vaut mieux que vivre sans aimer

Ode aux Dieux qui ont uni nos deux âmes

Utopie des vivants, nous on le proclame

Rire d’Amour, rime bien avec le poète

Ennuyeux vilains jaloux et vos sornettes

Usiez-vous un jour connu passion délice

Xanthie, aux caresses de votre calice !

 

 

Noyant enfin votre aigreur dans le plaisir

Oubliant votre égoïsme dans ce délire

Usant vos corps dans le plus doux des caprices

Sachez laisser s’aimer : Êtres sans malice...

La Comtesse Catherine

C.DdeB

 

Hommage... Sur un morceau de la vie d'un ami que j'aime

 

Gamin aux genoux couronnés, âgé de 8 ou 9 ans, je suis tombé en amour comme disent nos amis québécois.

Une vraie passion, mieux que de jouer avec les copains du quartier Deb Sultane au grand soleil. Ou que de regarder les filles qui avaient une façon bizarre de marcher, comme si elles dansaient.

Ce que j’aimais aussi...lol

 

Mais mon plus grand plaisir était d’aller dès que je pouvais m’enfermer dans l’obscurité...

Dans une salle de cinéma.

 

L’homme à qui appartenait la salle Chaouia était un vrai passionné, nous le surnommions Balhaj, je m’en souviens encore.

Il était de ces personnes qui marquent notre enfance par un geste ou une attention faisant d’eux des êtres à part.

Il avait deux particularités.

L’une d’elle, banale pour certain, était que si j’arrivais en retard à la séance : il me faisait payer moins que le tarif normal.

Et, tout en fonction de mon retard...

Cela m’arriva que peu de fois, il est vrai, tant je m’arrangeais pour arriver le plus tôt possible afin de ne rien manquer.

 

J’adorai être là et devenir :

Humphrey Bogart dans Casablanca,

Marlon Brando dans L'Équipée sauvage,

Elvis Presley dans Le Rock du bagne,

Fernandel dans Don Camillo...et tous ceux qui me faisaient rêver.

 

Même si des fois, quand il arrivait, et cela souvent ma foi que nous n’avions pas toujours la fin de ces films.

 

Pourquoi ?

 

Eh, bien...Excusez-moi, je ris...les souvenirs peuvent être très vivants même après des dizaines d’années.

Là, j’en ris tant que mes yeux qui me piquent...de bonheur.

Donc, la plupart des bobines (oui, les DVD n’existaient pas encore...LOL) n’étant pas toujours de bonnes qualités...

 

Une situation des plus cocasses arrivait, elles se mettaient à griller en milieu de projection ou si nous avions de la chance juste à la fin.

 

Horreur direz-vous, eh, bien : Non !

 

Pour certains grincheux, oui, ils sortaient de la salle en rouspétant comme des diables.

Mais pour moi et quelques autres ouverts à l’imaginaire, il se passait un petit miracle.

 

La lumière s’allumait.

 

Non, non...LOL, ce n’est pas le petit miracle.

Juste un détail important, cette lumière revenue.

 

Car à ce moment là, au lieu de paniquer ou de nous laisser partir inassouvi Balhaj, vous savez le propriétaire (pour ceux qui ne suivent pas...) montait sur l’estrade...pour devenir un magicien, un vrai du moins à mes yeux.

La deuxième de ses particularités, la plus majestueuse pour moi enfant, même encore d’ailleurs était celle-ci :

 

Il se mettait à conter la fin du film.

 

Un spectacle à lui tout seul.

Il savait faire vivre ou revivre les personnages qui nous avaient été ôté par la technique.

 

Un vrai bonheur !

 

Oui, c’était un vrai bonheur, il avait ce don du partage.

Avez-vous jamais entendu un conteur ? Plus rien n’est, dès qu’il parle...

Il vous emporte avec brio dans les méandres de ses paroles.

Nous entrons par la porte grande ouverte de l’imago.

Son âme est là devant vous, il s’offre tout en vous rendant esclave du flot de ses paroles...

Moments magiques, s’il en est !

 

J’en étais arrivé à espérer un barbecue de bobines pour avoir le plaisir d’assister à ce qui est devenue une réelle passion : voir vivre les mots !

 

Depuis suis devenu un adulte avec la certitude que le môme du quartier de Casablanca la blanche qui filait prendre sa dose de rêve chez Balhaj est toujours là, comme déguisé pour passer inaperçu.

 

Je suis poète, comme ils disent.

Les mots sont mes meilleurs amis, mes compagnons, sans eux je ne serai point.

 

Mais, et, là ouvrant ma boite à secrets, je vous en confie un (juste un, il ne faut pas exagérer...LOL)...

Jurez que jamais vous n’en parlerez...ou promettez si vous préférez...

 

Bien, alors j’avoue :

J’ai un manque, terrible allais-je dire...

Peut-être pas, quoique...

Oui, un manque, une lacune, un vide...

Je n’ai pas ce don...faisant triste mine, j’avoue...je ne suis pas : Conteur

La Comtesse Catherine

C.DdeB

                                             

03.05.2009

Doute...

 

 " Le doute rend peureux ce qui peut rendre heureux "

 

 

 

 

 

 

                                        C.DdeB